Vendée Globe 2008 - C'est reparti pour un tour !
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Lundi après-midi. « Deux cas particuliers à étudier. Deux personnes qui sortent d'une maladie professionnelle. Je me rends dans leurs entreprises pour observer les postes de travail. Les bonnes adaptations ont-elles été effectuées ? Mon rôle est aussi de faire comprendre à l'employeur que c'est dans son intérêt. Ici, dans le Bocage, les gens ne se plaignent pas. Ils vont jusqu'au bout, et quand ils sonnent l'alerte, c'est parfois trop tard. Nous, les médecins du travail, on est neutre. Régulièrement, on fait le lien entre les salariés et leurs patrons. »
Mardi matin. « Je consulte directement sur place, dans une entreprise. Nous avons des bureaux dans une cinquantaine de sociétés. En fin de matinée, une personne qui n'a pas pris rendez-vous vient me voir. Elle souffre. Elle n'est pas bien. Le stress au travail, ça a toujours existé. Mais depuis quelques années, ce n'est plus tabou. »
Jeudi matin. « Je participe à une réunion de CHSCT, le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Il s'agit d'étudier, avec les représentants des salariés et de la direction, des points particuliers liés à la santé ou à la sécurité. Le médecin a un rôle de conseil. Je suis en charge d'une cinquantaine d'entreprises. Certains de mes collègues en ont 300 ! »
Jeudi après-midi. « Une réunion d'information avec les peintres. Salariés et chefs d'entreprise. L'objectif : leur parler des produits, du matériel, des conséquences sur la santé, des précautions à prendre. L'année dernière, on avait choisi de sensibiliser les mécaniciens et les garagistes. L'an prochain, ce sera les menuisiers. La prévention, c'est un aspect de plus en plus important dans notre métier. »
Vendredi après-midi. « Nouvelle série de consultations. Au total, je suis plus de 3 500 patients ! Nous sommes en sous-effectif (lire ci dessous). Pendant mes rendez-vous, je suis dérangée par les coups de téléphone des employeurs, les mails, les avis techniques ou les conseils à donner... A chaque fois, une prise de décision, qui engage ma responsabilité. Payé entre 3 400 et 6 000 euros bruts par mois, après une dizaine d'années d'études, le médecin du travail doit être très polyvalent. C'est ce qui fait l'intérêt de cette discipline. C'est passionnant. »
Matthieu MARIN.