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Éric Élizabeth, directeur de Carrefour, route des Sables écoute avec attention Joël Limouzin, président de la FDSEA défendre les intérêts des agriculteurs. : Photo M.M.Samedi matin, ils étaient une petite vingtaine d'agriculteurs à distribuer des tracts devant l'enseigne Carrefour, route des Sables à La Roche-sur-Yon. Emmenés par le président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), Joël Limouzin, ils « dénoncent la différence de prix payé aux producteurs et aux consommateurs ». En optant pour une approche « pédagogique » afin de mieux se faire entendre des consommateurs.
Une action menée simultanément à Challans, Fontenay-le-Comte, aux Sables-d'Olonne et aux Herbiers.
« Pas d'autre choix
que le rapport de force »
Face à Éric Élizabeth, directeur de l'enseigne Carrefour yonnaise, Joël Limouzin tente d'expliquer la situation. « La pression des enseignes est tellement importante que le marché s'écroule. Nous n'avons pas d'autres choix que de jouer le rapport de force. » Et son interlocuteur de répondre : « On est un acteur, on n'est pas responsable de tout ». Il s'engage, cependant à relayer leurs doléances auprès de sa hiérarchie.
Depuis quelques mois, la tension est en effet palpable, marquée notamment par le blocage, début mai de la centrale d'achat Ouest dans la région nantaise par la FDSEA de Vendée.
Pas de « loi Leclerc
Michel-Édouard »
Leur principale revendication porte sur la création d'un Observatoire des prix et des marges « placé sous l'autorité de la répression des fraudes » par la loi de modernisation de l'économie (LME)*, actuellement débattue au Parlement. Un observatoire dont ne voudraient pas les grandes surfaces, selon Joël Limouzin.
« Le but est de vérifier au quotidien comment évoluent les prix des produits. Il y a concurrence si la marge est répartie équitablement. Nous voulons une véritable transparence et un plan global de baisse des charges. »
D'où la pression exercée auprès des parlementaires pour que « cette LME ne devienne pas la loi Leclerc Michel-Edouard. La semaine prochaine, il faut un vrai dispositif ».
Sinon, « un jour », le mouvement pourrait se durcir, prévient Joël Limouzin. « On veut se battre pour le pouvoir d'achat des consommateurs mais aussi pour celui des agriculteurs. »
M.M.
Lire également en page 9.
*La loi prévoit notamment de faire davantage jouer la concurrence en instaurant
une liberté tarifaire entre fournisseurs et distributeurs. Les critères d'implantation des grandes surfaces commerciales sont assouplis et les procédures d'autorisation allégées.