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La Fédération écocitoyenne de Vendée et six autres associations pestent une fois de plus contre le compost épandu depuis 1976 en Vendée, et jugé plus que suspect. « Je n'appelle pas ça du compost, j'appelle ça de la merde ! ». Pas question de donner dans la demi-mesure. La Fédération écocitoyenne de Vendée, la Ligue de protection des oiseaux, et cinq associations locales, appellent purement et simplement à la « destitution » de Trivalis, le syndicat d'élimination des ordures ménagères.
Ils l'accusent d'avoir été à l'origine de « nombreuses incohérences et incompétences », notamment au sujet d'un compost suspect, celui qui sort des six usines de broyage-compostage de Trivalis (1) depuis plus de trente ans (Vendée-Matin du 5 avril).
Menaces de poursuites
La récente décision, prise début avril par Trivalis de ne plus épandre le compost, n'a donc pas calmé les esprits. Bien au contraire. Aujourd'hui incapables d'évaluer le « préjudice » écologique généré par ce compost épandu pendant des années dans les sols agricoles, les associations s'en prennent à Trivalis.
Initialement prévue en février 2009, l'interdiction qui s'applique au compost vendéen va être coûteuse... 2 millions d'euros, car il faudra d'ici là adapter les installations, lancer les appels d'offres et effectuer des transports. Face à cette facture supplémentaire, la Feve menace de porter plainte pour « délit de concussion » (2). Coup pour coup, Trivalis, joint hier, brandit la menace d'une « plainte en diffamation ».
Le compost suspect devrait être exporté vers un autre département, où il sera enfoui ou incinéré, au plus offrant, « en fonction du résultat de l'appel d'offres », précise, un peu agacé mais pas virulent, Didier Thietry, le directeur de Trivalis.
De nouvelles usines
Quant au nouveau compost qui sera fabriqué à partir des usines de tri mécano-biologique, il laisse tout aussi perplexe. Car s'il sera « visuellement propre », poursuit Daniel Jaulin, de l'association Le Lierre (Sainte-Flaive-des-Loups), il restera « souillé par des produits chimiques ». Selon les associations, la seule issue vraiment « propre » serait d'accélérer la création de plateformes de compostage individuel et de quartier. Or depuis le plan départemental des déchets, entériné en 2005 par le Département, aucune plateforme supplémentaire n'a été construite. Deux sites sont pourtant souvent cités en exemple : Saint-Philbert-de-Bouaine et Dompierre-sur-Yon. Les yeux se tournent donc vers le Conseil général, accusé aujourd'hui par un front uni, de mener « la politique de l'autruche ».
Yann-Olivier Bricombert
(1) Elles sont implantées à Angles, Le Château d'Olonne, Corpe, Foussais-Payré, La Guérinière et Saint-Prouant.
(2) Délit consistant à exiger des sommes non dues, dans l'exercice d'une fonction publique.