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40e édition de la course de l'EDHEC




Nicolas Monnier et Cécile Moynot au 70e km. Mickaël Gachet est à vélo. C'est grâce à son suiveur si Nicolas Monnier a pu réaliser 8 h 10'49 sur 100 km et devenir champion de Vendée, samedi dernier, à Chavagnes-en-Paillers. C'était son second cent bornes. En 2007, il avait réalisé 10 h 21'24. : Bruno Poirier Le départ. Le quatuor est arrivé à 4 h 35 à Chavagnes-en-Paillers. « J'ai retrouvé Mickaël Gachet, mon suiveur. C'était un moment clé. Ma course, c'est aussi celle de Micka et avec la chaleur qu'il a fait, il fallait être deux pour réussir cette aventure... Un quart d'heure avant le départ, j'étais un peu anxieux. Tu te demandes si tu as tout bien fait, si tu n'as rien oublié... Et puis, une fois sur la ligne, tu ne penses plus à rien, il faut y aller... »
Les premiers kilomètres. 320 concurrents ont pris le départ à 5 heures. « Le fait d'être dans le noir, tu pars assez vite... Comme j'étais l'un des rares à avoir une lampe frontale, des gens se sont regroupés autour de moi, c'était assez rigolo... Les coureurs s'interrogeaient entre eux. Certains m'ont demandé pour combien de temps je partais. Dans mon bulletin d'engagement, j'avais écrit moins de 8 h 30. Mais avec un entraînement sur huit semaines et une moyenne de 55 km hebdomadaire, il fallait être confiant à 200 %. Dans ma petite tête, j'ai poussé ma réflexion. S'il fallait faire que des kilomètres pour réussir, cela se saurait... Il y a d'autres éléments physiologiques à prendre en compte et des allures à cibler. Personnellement, après une période de travail VMA, j'ai privilégié le développement du seuil anaérobie (90 % de la VMA) avec des fractionnés entre 4 et 5 km sur 1 h 30 et une séance de 2 heures, le lendemain. En fait, ma seule sortie longue fut de 2 h 46. »
Le km 35. Depuis le début de la course, Nicolas Monnier court avec Cécile Moynot, qu'il entraîne avec les conseils de Thierry Guichard. « Au 35e km, Alexandra (Rousset) a rejoint Cécile en tête de la course féminine. Il y a eu un regroupement où nous étions douze. Cela parlait beaucoup. Ce n'était pas très agréable comme ambiance. Au ravitaillement du 50e km, le groupe s'est disloqué et je me suis retrouvé seul avec Cécile. J'avais choisi de faire comme elle et de ne jamais m'arrêter aux ravitaillements. Micka me donnait ce dont j'avais besoin et sur un 100 km, tu gagnes au minimum 15 minutes sur les autres coureurs avec ce système. »
Du km 50 au km 80. C'est le moment de la course où Nicolas Monnier a construit sa performance. « Je me suis sentis très bien du 40e au 80e km. Le troisième tour (50e au 75e km) fut le plus rapide puisque nous avons couvert 25 km en deux heures... Ensuite, je suis un peu sorti de ma course jusqu'au 82e km où j'ai attendu Cécile... »
Le « mur » du 86e km. « La course commence », lâche Benoît Holzerny, tout sourire et confiant pour sa compagne, Cécile Moynot. Alors que Nicolas Monnier décroche. « J'ai été dans le dur pendant cinq kilomètres. J'ai même marché 150 mètres sans savoir pourquoi. Puis, j'ai pris un gel et je suis reparti, doucement... J'ai alors pensé à Marina, à nos enfants. Ils ont accepté mes « absences » pour m'entraîner, je ne pouvais donc pas en rester là. Comme je marche aussi à l'affectif, Anthony (Guillard) et Jean-Luc (le père de Marina) m'ont motivé. Micka, qui est quelqu'un de rassurant et de minutieux, a aussi trouvé les mots justes. Et puis, Cécile était devant. C'était une satisfaction pour l'entraîneur. Et j'ai terminé les trois derniers kilomètres à 13 km/h. »
Champion de Vendée en 8 h 10'49. Avant son premier 100 km, Cécile Moynot avait dit : « C'est une course avec soi, face à soi et contre soi. » Pour Nicolas Monnier : « C'est une rencontre avec soi-même... Quant au titre de champion de Vendée, cela ne fait pas de moi le meilleur Vendéen, car c'est Bernard Bretaud (1). Ma satisfaction, c'est d'avoir optimisé ce que j'ai fait à l'entraînement et d'être convaincu qu'il est primordial de vivre les mêmes choses que ses athlètes. »
Propos recueillis par
Bruno POIRIER.
(1) Bernard Bretaud est le recordman de Vendée en 6 h 50'02 (2001). International depuis 2004 (3 sélections), il est retenu pour la Coupe du monde du 8 novembre, à Rome.
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