Cyclisme : Bouygues toujours en ligne avec la victoire
Grand Prix de Plouay. Un an après la victoire de Thomas Voeckler, les Bouygues Telecom ont à nouveau gagné, cette fois grâce à Pierrick Fedrigo.
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C'est bien connu, on ne change pas une équipe qui gagne. Quatre ans après la victoire de Didier Rous (devenu depuis directeur sportif de la formation vendéenne), un an après celle de Thomas Voeckler, les Bouygues Telecom ont de nouveau frappé sur le circuit Jean-Yves Perron. Grâce à Pierrick Fédrigo, le nombre de succès de l'équipe chère à Jean-René Bernaudeau s'élève désormais à trois sur les cinq dernières éditions de la classique plouaysienne. Tout simplement énorme.
Désireux de refaire le même coup qu'en 2007, où son attaque foudroyante à trois kilomètres de l'arrivée avait laissé pantois le peloton, Thomas Voeckler n'a pu rééditer pareille performance, hier. Le coureur alsacien installé en Vendée se réjouissait néanmoins du succès des siens. « Plouay reste notre propriété pour encore une année, c'est très bien comme ça. Cela nous fait du bien de gagner, car on était en manque de réussite dernièrement. Pour ma part, j'étais un peu juste. J'ai tenté le coup à trois tours de l'arrivée, mais cela n'a pas suffi. »
Il faut dire que l'ancien porteur du maillot jaune sur le Tour de France 2004 n'était sans doute pas la carte maîtresse de Jean-René Bernaudeau pour cette édition 2008. On attendait plutôt de voir à l'oeuvre Jérôme Pineau et Pierrick Fédrigo, également annoncés parmi les favoris potentiels de l'épreuve. Le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'ils n'ont pas déçu les espoirs placés en eux.
Très à l'aise sur les routes morbihannaises, les deux hommes ont dû se résoudre à « se départager ». Ce qu'explique Jérôme Pineau, pas trop déçu au final par sa 16e place. « Pierrick et moi étions tout aussi forts aujourd'hui (hier). On s'est fait piéger avec le groupe des dix-sept échappés, on se devait donc de réagir. Et au lieu de se regarder, on s'est mis à rouler. Je me suis alors sacrifié pour mon ami. Je suis à la fois satisfait pour lui, et de mon travail effectué. J'ai ainsi grandement contribué à notre victoire. »
Un autre qui avait de bonnes raisons d'être heureux, c'est Giovanni Bernaudeau. Et pas seulement parce que le natif de Fontenay-le-Comte fêtait hier son 25e anniversaire. Le fils de Jean-René Bernaudeau s'est offert un beau cadeau en se glissant dans la première échappée du jour. Telles étaient les consignes de son manager de père. « Je me devais d'y être. Christophe Moreau était le plus fort dans notre groupe. En imprimant un gros rythme, il ne voulait pas que ça revienne derrière. J'étais à bloc pendant un tour, mais j'ai fini par être décramponné. »
Comble de malchance, c'est au moment d'être rejoint par la meute que le peloton relâchait son effort, laissant de nouveau quartier libre aux fuyards restants (pour un écart maximum de 2'30''). « De toute façon, je manquais de force », avouait le Vendéen. Pas étonnant dans la mesure où ce dernier n'avait que quatre jours de course dans les jambes, depuis sa participation au Tour de l'Ain. « Je ne me serais pas fait distancer si j'avais été mieux. Le manque de compétition, cela ne pardonne pas. » Giovanni Bernaudeau aura l'occasion de se rattraper dès jeudi, en prenant le départ du Tour d'Allemagne. En digne représentant des Bouygues Telecom.
Jeremy GOUJON.
Ouest-France