Forcément, Daniel David n'a pas la même analyse des chiffres que son adversaire Dominique Souchet.
« 47 % des gens qui ont voté n'ont pas fait confiance au candidat villiériste », déduit-il des résultats du premier tour, en additionnant les voix de la gauche, du MoDem et du FN. Deuxième constat :
« 45 000 personnes ne sont pas allées aux urnes, dont beaucoup d'électeurs de gauche ». Deux bonnes raisons de faire tourner la machine à imprimer les tracts et de se remettre en campagne. Mercredi matin, à l'heure du café et du p'tit blanc, Daniel David et sa suppléante écologiste Mado Coirier sont au bar-tabac-PMU des Moulins-Liots à Fontenay-le-Comte. Le quartier populaire d'une ville socialiste qui a malgré tout voté Souchet au premier tour. Daniel David est plutôt bien reçu. Les témoignages qu'il recueille viennent apporter de l'eau à son moulin.
« C'est vrai, je ne suis pas allé voter la semaine dernière, reconnaît Jean-Paul, un retraité du quartier.
Je voulais y aller après le match de rugby à la télé et puis j'ai oublié ». Il faut comprendre, derrière cette confession, que ce partisan de la gauche
« depuis toujours », croyait la partie perdue d'avance.
« C'est une tradition un peu malheureuse, mais bien réelle, remarque Daniel David.
L'électorat de gauche se mobilise davantage au second tour ». Jean-Paul confirme :
« dimanche, vous pourrez compter sur moi ». Il faudra plusieurs milliers de Jean-Paul au maire de Benet pour refaire son retard. Mais la confiance est là et chaque minute disponible sera exploitée d'ici l'ouverture des bureaux de vote :
« Nous irons dans les grandes communes de la circonscription et sur les marchés, à la rencontre des gens », promet le candidat.
Jeudi soir, au Langon, à 20 h 30, Daniel David tiendra lui aussi meeting. A ses côtés, François de Rugy, le jeune député Vert de Loire-Atlantique viendra témoigner qu'il est possible de reprendre une circonscription détenue par la droite. « Quand l'enjeu est binaire, le message est plus facile à faire passer », estime Daniel David. Mais de toute évidence, avant de répondre à la question gauche-droite, les électeurs du sud-vendée devront résoudre un premier dilemme : « Y aller ou pas ? »