Deux années très difficiles à venir
A Bouin, dans le bureau de la section régionale conchylicole des Pays de la Loire, c'est le défilé des exploitants venus remettre le décompte de leurs pertes. « Chez nous, 60 à 100 % des huîtres juvéniles sont mortes, et 40 à 80 % pour celles de deuxième année », estime Jacques Sourbier, président de cet organisme qui regroupe 353 entreprises ostréicoles et près de 2 000 emplois, concentrés à 90 % dans la baie de Bourgneuf. « Ce phénomène de mortalité n'est pas nouveau à une période de sa croissance où l'huître est fragile. » Mais cette année, le littoral français tout entier est touché, et dans de fortes proportions. « La catastrophe est nationale. Reconstituer les stocks sera insuffisant. On va vivre un moment très difficile pendant les deux années à venir, car on a perdu les deux tiers de notre cycle de production » explique-t-il. Pour lui, l'actuel système de classement en calamité agricole est « un cautère sur une jambe de bois. Il faudrait une résolution plus rapide et plus énergique. » S'il appelle les pouvoirs publics à un renforcement exceptionnel des mesures d'accompagnement, Jacques Sourbier ne croît pas aux seules mesures d'urgence. « La profession a encore un avenir, à condition qu'il y ait une relance dans la durée. » Avec les autres représentants de la filière, il doit rencontrer vendredi matin à Paris le ministre de la Pêche, Michel Barnier.
Ouest-France