Édition du dimanche 20 avril 2008
Edhec : des concurrents quittes pour une bonne peur
Les équipages de trois bateaux qui faisaient route vers Les Sables, vendredi, ont été secourus. Le programme de la course-croisière s'en trouve perturbé. Sécurité oblige.
« Nous sommes partis vendredi de Pornic. Au début, c'était tranquille. Une fois passée la pointe de Noirmoutier, le vent est monté. La mer était agitée. » David Dieffenthaler, étudiant à l'école des Mines de Nantes, est soulagé. « Le pire est passé. » En compagnie de trois équipiers, il faisait route vendredi après-midi vers Les Sables-d'Olonne pour participer à la course-croisière de l'Edhec (école de hautes études commerciales).
Houle, coup de vent, grains orageux et le bateau s'est trouvé en difficulté au nord de l'île d'Yeu, avant d'être remorqué jusqu'à Port-Joinville par la SNSM. « Nous avons cassé la bordure de la grand-voile. Nous avons tout affalé puis nous sommes partis au moteur. Mais nous n'arrivions plus à contrôler le bateau. » Panne de GPS, « l'ordinateur avait pris l'eau », plus de VHF, « ça a été chaud. Un téléphone portable nous a permis d'appeler les secours. » David Dieffenthaler, souffrant « d'une légère hypothermie », et l'un de ses camarades ont été hélitreuillés par la marine nationale. « J'ai été hébergé à l'Institut sport océan. On m'a prêté des vêtements. » Sur les pontons de Port-Olona, il attend ses équipiers en provenance de l'île d'Yeu, prêt, malgré tout, à en découdre. « Nous sommes toujours motivés. »
Le voilier de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique de Paris, parti également de Pornic, a été remorqué à l'Herbaudière par la SNSM. Sur les trois étudiants qui se trouvaient à bord, un a été hélitreuillé. « Ils sont très fatigués et éprouvés », souligne Grégoire Delpit président de l'association de l'Edhec. L'équipage de l'école supérieure de commerce Euromed de Marseille, quant à lui, n'a plus de bateau. Le voilier a chaviré entre Noirmoutier et Yeu. « Les cinq naufragés sont sortis de l'hôpital vendredi soir. Ils ont eu très peur mais souhaitent quand même participer à la course. »
Sur les 160 voiliers attendus aux Sables, une cinquantaine manquait encore à l'appel hier. « Nous leur avons demandé d'attendre une fenêtre météo favorable pour prendre la mer. » Les entraînements prévus ce dimanche et la régate de lundi sont, du coup, remis en question. « La sécurité, c'est la priorité. »
Ouest-France