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Le port des Sables est bloqué par des chalutiers, protestant contre le prix élevé du gazole. : Photos Natacha FavreauBateaux et filins en travers du chenal
En travers du chenal, sept gros chalutiers et deux filins bloquent tout accès au port de pêche, de commerce et de plaisance. Dès midi, ni entrée ni sortie ne pouvaient se faire. La raison ? « Le gazole a encore augmenté. À 68 centimes/litre, on va en mer juste pour payer le gazole. Ça ne vaut pas la peine. » Une réalité surtout pour les gros chalutiers - bateaux de pêche les plus gourmands en carburant - dont la consommation tourne autour de « 1 600 litres/jour. Certains davantage, d'autres moins » selon les tailles. À ce jeu-là, « on revient de dix jours de mer et après avoir payé les charges, on se fait... quoi... allez... 200 ou 300 € » estime un autre patron. « Et encore, en pêchant bien ! »
Pourquoi ne pas opter pour des bateaux moins gourmands ? « Un bateau, ça ne se change pas comme ça. Et puis il faut déjà amortir ceux-là. Ce chalutier, là, coûte 1,5 million d'euros. Faut le rentabiliser ! »
Gêne surtout pour les plaisanciers
Quant aux aides octroyées en début d'année, pour faire face à cette flambée de l'or noir ? « Ah... » Un marin secoue la tête. « Pour ce chalutier, on a reçu 10 000 €. C'est vite parti : rien que cette marée-ci, on en a eu pour 13 000 € de gazole ! »
Mais le mouvement n'est pas du goût du président du Comité local des pêches, pour qui cela s'est fait « de façon sauvage. Ce n'est pas structuré. » Pour Jean Garnier, le blocage du chenal « gêne surtout les plaisanciers qui ont des bateaux et qui voulaient faire un tour en mer ».
Certains tentent de forcer le passage, mais l'affrontement ne dure guère longtemps entre un voilier et deux gros filins tendus.
Prévu jusqu'à mardi
La situation devrait perdurer jusqu'à mardi. « Là, on va embêter des gens, c'est sûr » convient Gérard, 45 ans, patron pêcheur et dans le métier depuis vingt-cinq ans.
Une façon aussi de se faire entendre des pouvoirs publics à qui ils réclament une aide « durable ». Et des autres ports atlantiques, d'où ils espèrent voir le mouvement s'étendre. « On verra avec les autres. »
Gérard retourne avec ses compagnons : s'agit de mettre en place les équipes qui vont se relayer nuit et jour.
« Ce mouvement est parti pour être dur » conclut un marin. « On n'a plus rien à perdre. »
R. L-M.
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