La commune de Saint-Mathurin se cherche un maire
Saint-Mathurin dispose d'un conseil d'élus mais n'a pas encore de maire ni d'adjoints.
Saint-Mathurin, commune de 1800 habitants aux portes des Sables-d'Olonne, n'a toujours pas de maire. Bernard Frappier, qui avait assuré un intérim d'un peu moins d'un an, à la suite du décès du maire, pensait bien en avoir fini et passer l'écharpe à son successeur vendredi dernier. Sauf qu'à Saint-Mathurin, on n'est pas à un coup de théâtre près. Déjà, les élections ont été mouvementées. Deux listes se présentaient. A chaque tour, les deux chefs de file ont été blackboulés. Résultat des urnes : 12 élus pour une liste, dont deux adjoints et une conseillère sortants, 6 élus pour l'autre liste et un élu en individuel, un adjoint sortant. L'affaire paraissait entendue. Les 19 élus avaient même prévu de se rencontrer jeudi soir, afin de préparer l'élection du maire et des adjoints le lendemain.
Le conseil de nouveau convoqué
C'est alors que tout a dérapé. « Une majorité était d'accord pour voter en faveur du candidat libre en tant que maire », explique un des élus de la liste minoritaire « Nouvel élan pour Saint-Mathurin ». Mais il a refusé le poste. C'est alors qu'un candidat de l'autre liste s'est dévoilé, par défaut. Nous, nous n'en voulions pas. »
Premier achoppement qui débouche rapidement sur un second. La liste minoritaire espérait un poste d'adjoint pour l'un des siens, le mieux élu de tous les conseillers municipaux. « Cela nous a été refusé. » Sitôt la réunion terminée, les six colistiers décident de démissionner. C'est ce qu'ils feront, le lendemain, une fois la séance du conseil municipal ouverte et quitteront immédiatement la salle pour éviter que soit procédé à l'élection du maire. « A aucun moment, nous ne remettons en cause la décision de la liste « Ensemble pour Saint-Mathurin » de fermer la porte à notre liste. La majorité leur permet ce genre d'attitude. Nous reprochons seulement la manière dont cela a été fait, dans la plus parfaite hypocrisie », en terminent les démissionnaires.
Du côté de la liste majoritaire, « Ensemble pour Saint-Mathurin », le clash n'a toujours pas été digéré : « C'est vraiment dommage. Je suis très choqué », exprime l'un de ses membres avant de revenir sur la fameuse soirée de jeudi : « L'autre liste n'avait pas de maire à présenter. Elle voulait juste un poste d'adjoint. On était tous d'accord pour en réserver un à Patrice Auvinet (le candidat libre) qui avait décliné le poste de maire. Restaient quatre postes d'adjoint pour lesquels nous avions déjà plus de postulants rien que sur notre liste. Pour l'ouverture, il aurait fallu qu'un 2e adjoint se retire... »
Enfin, le maire pressenti confirme son refus, « par manque de disponibilité ». Par contre, il est partant pour un poste d'adjoint, qu'il occupait déjà dans la précédente municipalité : « J'ai toujours dit que j'étais là pour aider le maire en place. Le poste nécessite d'être entouré par une équipe solide et solidaire », explique Patrice Auvinet.
Réunir à nouveau le conseil
Pour l'heure, Saint-Mathurin n'a plus de maire. La sous-préfecture a signifié hier à Bernard Frappier qu'il ne l'était plus depuis vendredi, alors qu'il continuait d'expédier les affaires courantes. La situation est tellement « inédite » que le ministère de l'Intérieur a été contacté pour la dénouer. La première réunion, celle d'installation du conseil municipal, est normalement consacrée à l'élection du maire et des adjoints, mais rien ne l'impose. En conséquence, « il convient dans le cas présent de réunir une nouvelle fois le conseil municipal », en l'état c'est-à-dire sans les démissionnaires. En effet, les 13 élus restants pourront élire le maire et ses adjoints, dès lors que moins d'un tiers des élus a démissionné.
Ouest-France