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L'imagination était au rendez-vous, hier, parmi les manifestants qui sont descendus dans la rue pour défendre la fonction publique. Plusieurs milliers de personnes ont défilé, dont de très nombreux jeunes, au risque parfois de brouiller le message, qui était bien, hier, de défendre la fonction publique. En tête de ce long cortège qui a défilé dans les rues de la ville, les lycéens. Remontés comme des coucous depuis plusieurs semaines contre les réformes du ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, ils étaient encore là pour soutenir la fonction publique, et rappeler leurs revendications. La plupart des lycées publics du chef-lieu (Mendès-France, Kastler, De Lattre et Branly) étaient représentés, quelques collèges aussi (parfois du privé), certains élèves étant mobilisées pour assurer le service d'ordre et éviter les débordements. On peut manifester et avoir le sens des responsabilités, y compris quand on n'a pas encore son bac.
« Dis maman, c'est vrai que l'école était gratuite avant »
Un sérieux qui n'a pas empêché ces lycéens de donner de la voix pour dire tout le mal qu'ils pensent de la politique du président Nicolas Sarkozy. Parmi les slogans entendus, celui-ci -remarqué à défaut d'être très recherché-, « Ho hé, ho hé Sarkozy, ton gouvernement est pourri » ou encore ce « Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue ». A l'intérieur du long cortège, des lycéens donc, mais aussi des parents d'élèves, des salariés du privé, quelques retraités également, et bien sûr des fonctionnaires, parmi lesquels des enseignants. Avec des slogans dans lesquels l'humour le disputait à un malaise à fleur de peau.
Exemple avec cette pancarte, accrochée au dos d'une manifestante, et ce slogan, à la craie, reprenant la calligraphie arrondie de l'artiste Ben : « La culture coûte cher, essayez l'ignorance. » Plus loin, c'est une autre jeune femme qui ironise, mais n'a visiblement pas le coeur à rire, et brandit ce petit carton : « Dis maman, c'est vrai que l'école était gratuite avant. » Une autre reprenait le triptyque de la République, le fameux « Liberté, égalité, fraternité », mais en lui adjoignant un commentaire aigre-doux, « oui, mais faut payer ». Façon de dire que la République serait aujourd'hui à vendre. Les manifestants se sont dispersés vers midi. Ils devraient se revoir très prochainement, une nouvelle manifestation étant prévue le 22 mai.
Philippe ECALLE.
(1) CGT, FO, CFDT, Solidaires, UNSA, FSU appelaient à la grève.