Le chômage technique menace toute la filière pêche
Pour un homme en mer, c'est 4 emplois à terre... Les 90 bateaux des Sables et leurs 160 marins sont ainsi la tête de pont de toute la filière pêche. Avec la grève et les navires à quai, la criée vacille mais aussi l'activité des mareyeurs, des poissonniers, des marchands de glace, des transporteurs... Aucune vente n'a été enregistrée mercredi matin. Le centre de marées qui accueille les débarquements s'approvisionne aussi dans les autres ports. Trois camions frigorifiques venus de Nantes, Fécamp et Boulogne ont été refoulés hier par les grévistes. Le chômage technique guette aussi les mareyeurs. Patrice Dorie, patron de Marée Océane, revend le poisson à des centrales d'achat de la grande distribution. Il était encore à l'ouvrage hier matin avec son personnel dans la case n° 9 du centre des marées. « On finit de préparer ce qu'on a acheté hier. » La suite ? « J'ai sept salariés je ne sais pas ce que je vais en faire. Je suis solidaire mais inquiet... » En 18 ans d'activité, la situation n'a jamais été aussi tendue. Sandrine, une employée, ne dit pas autres choses. « Ils ont raison, mais derrière pour nous y'a plus de boulot... »
Ouest-France