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Hier matin à l'issue de la réunion les pêcheurs sablais attendaient de savoir si les autres ports allaient suivre. : Photo Roberte JourdonLes marins sablais font toujours le blocus du port. Ils se sont réunis hier matin pour faire le point de l'action lancée samedi, mais sans le président du comité local des pêches. Jean Garnier, tenu à l'écart, a fait savoir qu'il démissionnait. Les membres du comité doivent lui trouver un successeur ce matin.
Il y a eu un certain flottement. Les patrons des gros chalutiers restent déterminés à rester à quai tant qu'ils n'ont pas une aide pour faire face à la flambée du gazole. Les plus petits sont mitigés. « On attend de voir ce que font les autres ports. Il faudrait que tous ceux du littoral suivent. On sait qu'il y a des réunions partout. Sinon, on va être comme des cons, on n'aura rien. Pour l'instant, on continue le blocus, on n'a rien à perdre » résume Emmanuel Hubé, le patron du Manbrisa, chalutier de 20 mètres.
Le soutien pourrait venir du Croisic et de La Turballe
Aucun autre port vendéen n'a emboîté le pas sur les Sablais. A Saint-Gilles-Croix-de-Vie, gros et petits bateaux sont sortis en mer hier. A Noirmoutier, la flotte est constituée de fileyeurs et de ligneurs, moins gourmands en gazole, alors la problématique n'est pas la même qu'aux Sables. Pareil sur l'île d'Yeu.
Le soutien pourrait venir de Loire-Atlantique, des pêcheurs de La Turballe et du Croisic qui se sont réunis hier soir. Beaucoup étaient en mer mais le mot d'ordre a été de se déterminer dans la nuit. Ils attendent aussi le résultat de la réunion des représentants des coopératives aujourd'hui à Paris. En tout cas, ils ont trouvé « dommage que les Sablais soient isolés » et ils partagent leur exaspération en jugeant « que la situation n'est plus tenable ».
« L'avenir, je le vois pas bien »
« Mardi dernier le gazole était encore à 65 centimes du litre. Les gars sont encore repartis. Aujourd'hui à 72 centimes ce n'est plus possible. Si on sort, on se met en dettes. C'est vrai que ce sont les gros chalutiers qui sont les plus concernés. Un de 18 mètres consomme 1 800 litres par jour. On ne peut plus faire face » dit Emmanuel Hubé. Roland Remaud est du même avis : « Je suis chef mécanicien sur l'Armandèche depuis 1972. Moi, j'ai vu le port s'écrouler. Aujourd'hui, on n'a plus rien à attendre. L'avenir, je le vois pas bien. Et ce n'est pas un problème de ressources. Du poisson, il y en a ». Christophe Mornais, 32 ans, matelot à bord du Mimosa est aussi inquiet. « J'ai gagné 133 € pour 10 jours en mer. A ce tarif, ce n'est pas la peine de continuer. Qui accepterait ça ? Alors on est déterminés à se battre. Il y a entre 650 à 700 marins ici. Il ne faut pas oublier non plus que si la pêche disparaît aux Sables, c'est toute l'économie du port qui meurt. Tous les emplois autour, mécanos, électriciens, peintres, bars poissonnerie, routiers... »
Roberte Jourdon