Pêcheurs déterminés, le port reste bloqué
Hier, à 13 h, les pêcheurs qui bloquent le port des Sables depuis samedi midi lèvent le barrage pendant quelques minutes.
Les plaisanciers ont eu trente minutes pour passer lundi midi. Puis le blocus a repris de plus belle. Suite du mouvement décidée ce matin.
• Petite ouverture, hier, à la mi-journée. Les marins pêcheurs en grève l'avaient promis, ils ont tenu parole. Hier, vers 13 h, le filin barrant le chenal a été enlevé. Et le blocus partiellement interrompu durant trente minutes. Laissant alors la voie libre au chassé-croisé des plaisanciers. D'un côté : douze bateaux partis en mer pendant ce long week-end de Pentecôte ont regagné les pontons. Certains patientaient devant les chalutiers depuis la veille. Dans l'autre sens : quinze voiliers qui avaient fait escale aux Sables en ont profité pour prendre le large. L'annonce de la mise en place du barrage avait été éventée vendredi en fin d'après-midi. En relayant l'information, la capitainerie de Port Olona a limité les effets du blocus et évité à de nombreux plaisanciers de se faire piéger... Dorénavant plus de laisser passer. Le barrage a été remis en place pour une durée qui reste « indéterminée. »
• Pêcheurs en assemblée générale. Une réunion des pêcheurs Sablais doit se tenir aujourd'hui, à 10 h, dans les locaux de l'Armement coopératif artisanal de Vendée (Acav) afin de discuter des suites à donner au mouvement. Hier, les grévistes affirmaient « la solidarité » de leurs confrères, restés à quai. « Ce n'est pas seulement 7 chalutiers qui font grève mais c'est l'ensemble du port ».
• Comité local hors jeu. Jean Garnier, président du comité local des pêches et conseiller municipal a les oreilles qui sifflent... Défavorable au blocus, son attitude est vertement décriée sur le barrage. « Ne pas être soutenu par le président du comité local, c'est honteux », s'emporte un patron. Jean Garnier ne semble pas davantage sur la même longueur d'onde que son chef de file, le député-maire Louis Guédon, qui se dit, lui, « en phase avec le mouvement... » Chaude ambiance...
• Effet boule-de-neige ? C'est ce qu'attendent les Sablais. Ils annoncent des réunions aujourd'hui dans d'autres ports pour étudier une éventuelle participation au mouvement. On évoque La Turballe, Le Croisic, La Rochelle, L'Ile-d'Yeu, la Cotinière (Oléron)...
• « Plus rien à perdre ». Le litre de gazole à 0,71 centime. Le prix à la pompe a encore augmenté de 5 centimes depuis vendredi. L'effet des dernières aides accordées par le gouvernement pour compenser la hausse du carburant (acomptes versés en fonction de la longueur du chalutier et exonération partielle des charges patronales) ne pèse pas lourd face à la flambée des cours... « Avant on se battait pour maintenir nos salaires. Là autant chercher un boulot à terre ». Thierry, matelot sur l'Armandèche, a gagné 260€ pour dix jours de mer. Il assure « n'avoir plus rien à perdre, alors que Total se permet de faire un milliard de bénéfices ». Et d'expliquer « on ne demande pas l'Amérique. Il faut que l'État baisse ses taxes. »
Ouest-France