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La fraude, dévoilée par l'hebdomadaire « Le Marin », porterait sur 180 tonnes en 2007. Car si, sur le papier, il est question de chinchard à queue jaune, c'est bel et bien du thon rouge qui a été vendu sous une fausse appellation. La fraude, dévoilée par l'hebdomadaire « Le Marin », porterait sur 180 tonnes en 2007. Soit trois fois le quota autorisé à Saint-Gilles-Croix-de-Vie pour l'année.
Aujourd'hui, sur le port, on ne désire guère s'épancher sur le sujet. Même si certains pêcheurs ne contestent pas les faits. « Il y a une abondance de thon rouge sur nos côtes, explique l'un d'eux. Il fallait bien écouler les prises. C'était ça ou mourir. » Il est vrai que pour les pêcheurs gillocruciens, le contexte est particulièrement difficile depuis trois ans et la fermeture de la pêche à l'anchois, principale activité locale.
Principe de précaution
L'enquête, menée par la gendarmerie maritime de Lorient, a également conduit celle-ci du côté des Sables-d'Olonne. « Mais, ici, on n'a absolument pas débaptisé le thon rouge à la vente », insiste Jean Garnier, président du comité local des pêches. En revanche, ce dernier ne dément pas le fait que les quotas ont été dépassés. « C'est vrai. Mais il faut savoir que le thon rouge et le thon blanc se pêchent au même endroit. Et, la nuit, il est difficile, voire impossible, de les différencier. » Jean Garnier estime toutefois que le fond du problème est ailleurs. « Les scientifiques savent nous dire d'arrêter la pêche quand il n'y a pas de poisson, mais quand il revient, on ne le dit pas. C'est leur sacro-saint principe de précaution. Seulement, aujourd'hui, sur nos côtes, le fait est qu'il y a du thon rouge en quantité. »
Toujours est-il que le dossier est désormais entre les mains du parquet des Sables-d'Olonne, qui se refuse à communiquer sur le sujet... Tout comme la gendarmerie maritime de Lorient. Et si, du côté de la chambre de commerce et d'industrie de Vendée, en charge de la criée, personne ne pouvait être joint hier, aux Affaires maritimes, on se contente de rappeler que « l'enquête suit son cours ». Une enquête qui se propagerait d'ailleurs dans d'autres ports de l'Atlantique, à l'instar de celui de la Turballe.
Olivier Angibaud
et Marie-Noëlle Peridy
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