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C'était à l'automne dernier. « Sodeb'O » nous avait conviés à embarquer à bord de sa bête de course. Un bon petit vent balayait la baie des Sables-d'Olonne. Thomas se pliait avec énormément de gentillesse et de disponibilité à ces servitudes que lui imposait son sponsor : « Ça fait partie du boulot ». A ce moment-là, l'essentiel de son travail consistait à finir de se préparer pour le record du tour du monde. On connaît la suite : il fut contraint à l'abandon à la suite d'une avarie.
Ce matin-là donc, Thomas expliquait à ses quelques passagers, l'art et la manière de faire avancer le plus vite possible l'un des plus grands bateaux jamais construits pour un solitaire. Et une fois lancé à plus de vingt noeuds, il nous avait proposé de tenir la barre. Pendant une dizaine de minutes, j'ai ainsi eu le privilège de « conduire » le trimaran géant, les yeux rivés sur la ligne d'horizon tout en lorgnant sans arrêt sur les instruments, afin de tenter de garder le cap.
Puissance, vitesse : sensations garanties ! Je ne sais plus très bien dans quelle direction nous allions, mais nous y allions, avec cette étrange absence de stabilité qui donne l'impression d'évoluer dans une autre dimension...
Quand on a ainsi les mains crispées sur la barre, il faut faire un réel effort d'imagination pour admettre qu'un type, seul, puisse dompter un tel engin dans une mer déchaînée.
En me remémorant ces quelques heures à bord de « Sodeb'O », je crois que j'apprécie encore plus la valeur de l'exploit que vient de signer Thomas Coville.
Philippe COCHEREAU.